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Le goji, origine et qualité.

            La baie de goji, ce « superfruit » fait parler de lui depuis quelques années déjà pour ses propriétés nutritionnelles, mais pas seulement. Sa provenance et la façon dont elle a été produite sont tout aussi importantes pour ses consommateurs que les apports fournis au quotidien par cette petite baie chinoise. Malgré l’existence de diverses variétés de goji, seulement deux sont consommées régulièrement : Lycium Barbarum, celui que nous trouvons couramment chez nous, et Lycium Chinense, plutôt consommé en Chine et pas forcément pour l’alimentaire (cosmétiques notamment).

            Lorsque l’on parle de goji aujourd’hui, on souhaite savoir d’où il provient, car il est d’usage de penser que certaines baies sont meilleures que d’autres. Le goji est originaire de Chine, et c’est là-bas qu’on le cultive en grande majorité (plus de 90% de la production mondiale), notamment dans le Ningxia et la Mongolie Inférieure, deux régions du Nord du pays. Le goji en provenance directe d’Himalaya, il y en a, mais très peu en comparaison de la production mondiale, car les sols sont pauvres dans les hauteurs et c’est une région ou il est très difficile de mettre en place une production agricole de grande échelle, notamment à cause des conditions climatiques. Quant au goji du Tibet, c’est là aussi très rare d’en trouver, et le terme de Lycium Tibeticum ne correspond pas à une variété de goji précise, ce terme n’est d’ailleurs pas reconnu officiellement.

            Il est important aussi de savoir si les superfruits que nous consommons pour leurs vertus sont de bonne qualité et s’ils sont produits dans les meilleures conditions. Le bio est souvent considéré comme un critère de choix car il suppose, outre la moindre utilisation de pesticides, un mode de production réglementé par un cahier des charges rigoureux dont le but est de contrôler entièrement la croissance des fruits dans un cadre sain et respectueux de l’environnement. La baie de goji bio existe, elle est distribuée en France sous le label AB depuis plusieurs années mais le doute subsiste sur ce produit, comme sur d’autres produits bio, la Chine ayant mauvaise réputation sur les contrôles de ses productions agricoles, sans oublier que pour certains, passer le test en laboratoire ne suffit pas à l’obtention d’un certificat bio.

            Tous ces éléments instaurent une confusion générale autour de ce fruit, laissant les consommateurs dans le flou, sans savoir s’ils consomment un produit réellement bon pour eux. Il faut se rappeler que le goji est avant tout un superfruit au vertus exceptionnelles, qu’il est connu et utilisé depuis des siècles pour ses propriétés et qu’il est disponible chez nous toute l’année. C’est pour cela que l’on doit en profiter et garder à l’esprit quelques éléments très simples pour ne pas se tromper (ou être trompé) : achetez du goji Lycium Barbarum, ne vous fiez pas à une provenance soi-disant inédite (Tibet…), discutez de la qualité du produit avec votre vendeur et consommez le en respectant une posologie adaptée à votre organisme.

            Voilà, il ne vous reste plus qu’à profiter de ce superfruit au quotidien, n’hésitez pas, c’est bon pour vous !

Méthode ORAC, un outil utile mais trompeur..

La méthode ORAC (Oxygen Radical Absorbance Capacity) est une méthode de mesure des capacités antioxydantes des aliments, elle est utilisée par l’USDA (United States Department of Agriculture) pour évaluer les aliments et leur accorder, après les tests, un indice ORAC (ORAC Value).

De nombreuses autres méthodes sont connues pour mesurer ces capacités, mais ORAC s’impose aujourd’hui comme le standard. Les tests réalisés In Vitro (en laboratoire) prouvent les effets antioxydants des aliments sur les radicaux libres, contre lesquels ils luttent efficacement. Cette lutte est pourtant bien plus compliquée In Vivo car les antioxydants sont dépassés par tous les radicaux libres générés en permanence par les cellules. Cette méthode In Vitro ne peut donc pas être mise en corrélation directe avec des effets supposés sur la biologie humaine car les résultats In Vivo sont très différents.

Ajoutons à cela certains problèmes dans la médiatisation de cette méthode. Par exemple, l’indice ORAC peut être exprimé en unités par gramme ou par litre, mais les capacités antioxydantes d’un aliment dépendent, entre autres, de l’état dans lequel se trouve cet aliment : séché, en poudre ou encore frais, car le taux d’humidité peut modifier les résultats. Les classements d’aliments en fonction de leur indice ORAC fleurissent sur Internet, mais il nous faut regarder avec attention le détail et la légende de ces classements, souvent trompeurs. On y trouve régulièrement aux premières places des épices, qui même si elles ont de très fortes capacités antioxydantes, ne sont pas consommées en grande quantité au quotidien, donc n’ont pas d’effet à grande échelle sur l’organisme, comme pourrait l’avoir une consommation régulière de 50g de votre fruit préféré.

Les bien nommés superfruits sont parmi les stars de ces classements, on y retrouve sans faute les cranberries, la baie de goji, l’açaï, les bleuets (myrtilles sauvages du Québec), le mangoustan ou encore le cassis. Les capacités antioxydantes de ces superfruits sont réelles, elles permettraient selon les études scientifiques menées d’aider à ralentir les processus de vieillissement du corps et du cerveau, mais le problème de la différence d’effet entre test In Vitro et test In Vivo nous rappelle que leur consommation doit avant tout faire partie d’une alimentation maîtrisée et d’une hygiène de vie saine. 

Cette méthode ORAC est donc pour nous, amateurs de fruits et légumes, une aubaine pour savoir quelles sont les capacités antioxydantes des aliments que nous apprécions, à nous maintenant de savoir lire et comprendre ces indications et de les utiliser à bon escient pour améliorer chaque jour notre alimentation et notre santé !

goji, cranberry…pourquoi ça marche?

Depuis le lancement de mon activité, beaucoup de mes interlocuteurs me demandent à quoi j’attribue le succès des nouveaux fruits. Pour moi, trois critères contribuent à la réussite du lancement ou du développement d’un fruit sec : son goût, son aspect, ses fonctionnalités.

Prenons 4 exemples : açaï, cranberry, mangoustan, goji

La cranberry est à mon sens, avec la myrtille (mais à une échelle différente), le fruit qui illustre  le mieux cet article. Il y a d’abord le goût de fruit rouge acidulé, puis vient l’aspect à l’état frais comme à l’état séché : le fruit est brillant, son rouge est vif, en bref des caractéristiques qui le rendent sympathiques. Viennent ensuite ses fonctionnalités : la cranberry en tant qu’ingrédient se présente sous de mutiples formes : sec, poudre, IQF, purée, pur jus, concentré, c’est un fruit tout terrain. Enfin ses antioxydants et l’allégation AFSSA sur certains des sous produits en font une mini « machine de guerre ». Pour la myrtille, le goût est connu de tous, l’aspect bleu nuit brillant et sa teneur en antioxydants peuvent lui assurer un bon développement.

Le goji est un cas à part : le goût est particulier, l’aspect séché, flétri également. En revanche la teneur en antioxydants supérieure à tout autre fruit, à ce jour, lui garantit un certain succès. Seule ombre au tableau : son origine, mais l’Europe prend déjà des dispositions et contrôle chaque jour un peu plus les importations.

L’açaï et le mangoustan sont également intéressants à évoquer. Les deux fruits, de par leur constitution, sont très fragiles et ne se consomment en définitive qu’à l’état frais ou sous forme surgelée (purée ou concentré), ainsi qu’en poudre à l’état sec pour l’açaï. Ils sont donc utilisés en tant que tel (frais) ou directement intégrés dans des recettes (mangoustan : boissons, glaces – açaï : boissons, compléments alimentaires). L’açaï a des qualités fonctionnelles exceptionnelles, un goût particulier et un aspect difficile à identifier du fait de son mode de consommation, son potentiel est donc un peu moindre. Le mangoustan, quant à lui à un goût extraordinaire (il faut avoir mangé du mangoustan une fois dans sa vie!). Son aspect, à l’état frais notamment, est commun et ses fonctionnalités…en développement.

à suivre donc…

Myrtille : terminologie

Toutes les myrtilles appartiennent au genre vaccinium, à l’instar d’autres éricacées comme les airelles (vaccinium oxyccocus ou vitis idaea) ou les cranberries (vaccinium macrocarpon). Le genre vaccinium regroupe à lui seul 450 plantes. Ces plantes poussent dans le monde entier et beaucoup de noms différents sont donnés aux myrtilles. Pour des raisons pratiques et commerciales nous nous concentrerons sur 3 de ces variétés.

Vaccinium corymbosum (hauts buissons - Nord) : ces myrtilles poussent à l’état sauvage dans les forêts d’Amérique du Nord et ont été utilisées pour l’industrialisation de la culture, tout comme les vaccinium ashei.

Vaccinium ashei (oeil de lapin -Sud) : Les myrtilles poussent bien également dans le sud des Etats-Unis. Une variété nommée oeil de lapin est appelée ainsi en raison de la forme du calice de baie qui ressemble à un oeil de lapin

Vaccinium angustifolium : (buisson bas, variété sauvage) ces arbrisseaux résistant aux grands froids survivent et remontent jusqu’au cercle polaire. Ces myrtilles ou bleuets comme les nomment les canadiens du Québec ne dépassent guère les 60cm. On en trouve du Minnesota jusqu’en Artique et incluent également les vaccinium myrtilloides (feuilles « veloutées »)…que l’on rencontre en New England et dans l’Ouest.

Que devient la cranberry?

Si le groupe de rock les Cranberries ont décidé de remonter en scène, le fruit dont ils se sont probablement inspirés semble peiner, quant à lui, à remonter à la surface ou du moins à y rester. La mode est-elle passée ? Le soutien marketing dont il bénéficiait est-il toujours aussi présent ? Où trouve-t-on la cranberry ? Essayons d’y voir un peu plus clair…

En 2008, le leader sur la production de ce fruit (60 à 66% de la production selon les sources) présent depuis 3ans en France décide de rompre les accords avec la plupart de ses agents européens en se retirant de différents pays en Europe, dont la France. La France qui a pourtant connu une forte croissance passant de 150T d’ingrédients à plus de 600T en queqlues années. Dans le secteur boisson (premier débouché de ce fruit aux USA), certaines enseignes comme Intermarché ont vite lancé et aussi vite retiré le cocktail de jus. Il est vrai que le prix du concentré sous le jeu de la spéculation a vite découragé les industriels. Dans les industries pourvoyeuses de volume (reconditionneurs), on ne couvre plus les volumes et l’on se contente d’acheter au coup par coup. Pour d’autres industriels, les produits intégrant la cranberry ont  fait leur temps ce fut le cas notamment chez un producteur de foie gras dans le Sud-Ouest mais également chez Boursin dont le  cranberry-poivre connut une courte vie…

D’autres fruits apparaissent, c’est le cas du goji (fruit le plus riche en antioxydants connu à ce jour), fruit prescrit par la médecine chinoise, pris d’assaut par les anglo saxons et dont les internautes raffolent en faisant des cures. L’açaï (Brésil) pointe également le bout de ses branches, fragile à l’état frais, il est présenté le plus souvent sous forme de poudre ou de purée surgelée. C’est un fruit également très complet, classé dans la famille des « superfruits ». Enfin la myrtille revient à la mode en se rendant plus accessible. Son prix a lourdement chuté ces deux dernières années en se divisant par deux. Doit-on pour autant y voir un déclin programmé de la cranberry?

La cranberry continue néanmoins de séduire, dans certains produits elle est présente depuis ses débuts sur le marché, c’est le cas notamment du yaourt Activia (Danone), des céréales fitness et fruit (Nestlé) ou encore de certaines pâtisseries. Lors du dernier Salon du Sandwich, force a été de constater que non seulement la baie résistait dans certains secteurs, mais qu’elle continuait à s’étendre dans d’autres. Trois produits ont ainsi pu retenir l’attention des visiteurs : le carré salé (Pâtisseries Christophe Delmotte), la brochette de Tendance Créative (Jean Routhiau), le sandwich bio (Speedwich)… Enfin, le retrait du leader sur un marché français traditionnel mais à fort potentiel laisse la place à des challengers valables, c’est le cas notamment de GRACELAND FRUIT dont la part de marché croit sur l’héxagone.

Un autre aspect est également intéressant à noter : la réussite du fruit dans des recettes à l’export. Bridor et sa torsade, Neufchateau (Rians) et son fromage roulé, les Fromageries Delin connaissent de francs succès sur les marchés anglais et d’Amérique du Nord. C’est le mariage d’un ingrédient d’outre-Atlantique allié au savoir faire alimentaire français.

Notre avis : si la cranberry continue de plaire, c’est que la mode n’est pas passée. Elle attire et continue à être un ingrédient permettant de se différencier. Elle est utilisée de façon probablement un peu différente que lors de son lancement. Tout en conservant ses vertus et ses fonctionnalités (couleur, résistance, goût acidulé) elle tend également à se saisonnaliser en étant notamment consommée en fin d’année dans les farces, les pains spéciaux (Festival des Pains) et les chocolats (Lindt, Verdier).

cranberry, canneberge ou airelle?

Depuis son réel lancement sur le marché français en 2005 avec notamment l’allégation mécanistique de l’AFSSA et l’apparition du jus de cranberry dans les linéaires des grandes surfaces, la cranberry est régulièrement confondue avec ses cousines végétales la canneberge et l’airelle. Cette confusion est, en fait, due au désir de traduction du terme anglophone cranberry.

La cranberry dont nous parlons ici est la vaccinium macrocarpon. Il s’agit d’un fruit rond ou oval allant (à maturité) du blanc au rouge-noir selon les variétés. Sa chaire est blanche et dure (la cranberry rebondit!). Le fruit ne contient pas de noyau mais des akènes (petits pépins similaires à ceux que nous retrouvons dans la fraise). Autre caractéristique : sa récolte qui se fait par inondation des champs pour 95% des fruits.

Le terme canneberge est lié aux canadiens et toujours à la traduction mais il regroupe 2 espèces végétales le vaccinium macrocarpon et également le vaccinium oxyccocus c’est pourquoi il convient d’être vigilant lors de l’achat. D’autant plus vigilant que l’allégation AFSSA porte uniquement sur le vaccinium macrocarpon.

Enfin l’airelle, est le terme le plus générique employé. Il regroupe les variétés européennes, russes et d’Amérique du Nord c’est à dire les deux espèces précedémment citées ainsi qu’une troisième la vaccinium vitis idaea.

En bref, soyez attentifs. La cranberry et la canneberge n’étant pas des fruits totalement connus donc suffisants à eux seuls pour éclaircir pleinement le consommateur, la DGCCRF recommandait il y a quelques temps aux industriels de joindre au terme cranberry une représentation graphique du fruit.

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